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Extrait d’un article rédigé
par Laurent Catala pour
étapes: n°258, Diplôme
d’écoles d’Art et de Design,
2020.
“Du live cinema sur un plateau de poche.
Imaginer un espace scénographique qui tienne à la
fois de réalisation, de projection, de performance et d’interprétation n’est pas une mince affaire. C’est
pourtant le défi relevé par le projet Space is the
Movie, qui emprunte la thématique à la fois idoine et
paradoxale du road movie pour produire 15 séquences
jouées et montées en direct.
[...]
Paradoxale, car
malgré les multiples rebondissements de l’histoire,
comme cette chute au ralenti dans les airs, suivie d’un
amerrissage, la route a plutôt tendance ici à faire du
sur-place.
Pour autant, l’action se révèle particulièrement
physique dans les manipulations de l’héroïne : une
voiture Ford Mustang GT500 miniature filmée à l’aide d’une caméra en mode théâtre d’objet.
Tous les
artifices de Space is the Movie privilégient une tonalité
«effet spécial lo-fi» s’articulant au détournement de
nombreux ustensiles du quotidien. Miroir rond de
maquillage jouant le rétroviseur extérieur, tour à CD
transformée en tunnel, pochette plastique bleutée
mimant la mer, ou encore petites lampes amplifiant
les effets de vitesse ou de reflets : la truculence est de
mise.
Space is the Movie se veut aussi un véritable proje de live cinéma.Les séquences sont filmées, montées
et projetées en direct. La bande-son originale oblige
aussi à une grande synchronisation des gestes. Un
spectateur est même invité dans une scène à venir
jouer le pilote. L’illusion est garantie !
Toute la
scénographie, concentrée sur une tableau plateau
presque de poche, tend d’ailleurs à stimuler une
logique à la fois simple et extraordinaire. Dans une
semi-pénombre, le public cernant au plus près ce
décor intime, elle invite à la découverte simultanée
des coulisses, des dispositifs et du réalisme du film
fini. [...]
Le road movie n’est ici qu’un prétexte, une première
expérimentation avant d’orienter le processus vers
d’autres scénarios et performances.”